Les 10 pays les plus riches d’Afrique en 2026, selon les projections du FMI

Le Fonds monétaire international a publié récemment sa mise à jour des prévisions et projections sur la richesse mondiale mesurée par le Pib, à prix courants (en dollars). En Afrique, à l’horizon 2026, le classement des pays les plus riches du continent devrait connaître des bouleversements.

Selon ces projections établies à partir de l’indicateur Produit intérieur brut (Pib) à prix courants exprimé en dollars, soit la quantification de la valeur total de la « production de richesse » annuelle effectuée par les agents économiques résidant à l’intérieur d’un pays, il ressort que des changements importants seront opérés au niveau du top 10 des pays les plus riches d’Afrique, comparativement aux données de 2019, avant la crise de la pandémie du Covid-19.

Globalement, les grands pays peuplés et disposant d’importantes ressources naturelles (pétrole, minerais,…) y figurent, à l’exception de la République démocratique du Congo (RDC). Toutefois, le classement projeté à l’horizon 2026 accorde aussi une place essentielle aux pays qui ont misé sur l’agriculture et la diversification économique.

Pris globalement, les 10 pays africains qui détiendront les Pib les plus élevés du continent vont disposer d’un Pib cumulé de 2.877 milliards de dollars en 2026, contre 1.739 milliards de dollars en 2020, soit une évolution de 65,44%. En clair, la richesse des 10 premières puissances économiques africaines va croitre de manière sensible. Toutefois, cette forte hausse ne sera pas uniforme.

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Et c’est le Nigéria, première puissance économique, qui continuera à truster la première place du pays le plus riche d’Afrique en terme de Pib. En effet, le pays le plus peuplé du continent, avec plus de 210 millions d’habitants, va plus que doubler son Pib au cours des 6 prochaines années, faisant passer sa richesse de 429 milliards de dollars en 2020 à 964 milliards de dollars en 2026, selon les projections du FMI.

Evolution des PIB à prix courant (en milliards de dollars) sur la période 2021-2026 (projections du FMI)

Rang en 2026 Pays Pib 2021 Pib 2022 Pib 2023 Pib 2024 Pib 2025 Pib 2026
1er Nigeria 514 588 669 757 853 964
2e Egypte 394 429 465 497 538 603
3e Afrique du Sud 329 344 355 366 378 407
4e Maroc 124 131 138 146 154 162
5e Algérie 151 150 150 150 152 153
6e Kenya 106 113 121 130 125 139
7e Ethiopie 94 93 102 113 125 139
8e Côte d’Ivoire 71 77 83 90 97 105
9e Ghana 74 80 84 90 96 103
10e Tanzanie 66 70 74 79 85 91

Outre le fait que sa population nombreuse soit un atout notable, le Nigéria est aussi le premier producteur de pétrole africain. Toutefois, cette forte croissance sera surtout tirée, durant les prochaines années, par les importants investissements en infrastructures (chemin de fer, port en eau profonde, raffinerie de pétrole…), mais aussi et surtout le développement agricole enclenché par les autorités. Le pays compte retrouver son rang de pays agricole des années 1970, quand le géant africain était autosuffisant pour de nombreux produits alimentaire qu’il importe aujourd’hui. Le boom du pétrole a déstructuré son économie et l’a transformé en une économie de rente, le Nigéria important désormais presque tout pour nourrir sa population.

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Toutefois, depuis le choc pétrolier de 2014, le président Muhammadu Buhari a décidé d’opérer un retour stratégique vers l’agriculture en lançant un modèle calqué sur celui du Japon « Sans pétrole ». Disposant 84 millions d’hectares de terres arables et bien irriguées par deux fleuves -le Niger et le Bénoué- et par une importante pluviométrie de 750 mm au nord à 4 mètres au sud, le pays disposent d’atouts pour ses ambitions agricoles. Et pour accompagner cette révolution verte, il s’appuie également sur l’expertise d’OCP Africa Fertilizers Nigeria, une filiale du géant marocain des phosphate l’OCP, qui accompagne les Etats et les acteurs privés nigérians à développer le secteur agricole du pays via la production locale d’engrais, l’étude des sols, la formation des agriculteurs…

Loin derrière le Nigéria suit depuis l’année dernière l’Egypte qui s’est adjugée la seconde place des puissances économique du continent. L’Egypte tire profit des politiques de réformes mises en place après la crise aiguë de 2016 qui avait entrainé une forte dépréciation de la livre égyptienne, rendant par la même occasion le pays plus attractifs auprès des investisseurs étrangers, des touristes et gonflant (en monnaie locale) les importants transferts en devises de la diaspora égyptienne à l’étranger.

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Le pays a aussi et surtout bénéficié des importantes découvertes de gaz en Méditerranée qui lui assure actuellement le 13e rang mondial des producteurs de gaz. A cela s’ajoutent les réformes structurelles qui ont permis de faire redémarrer l’économie égyptienne sur des bases solides. C’est d’ailleurs la seule économie d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à échapper à la récession en 2020, en dépit de l’impact de la pandémie du Covid-19.

Du coup, le Pib du pays devrait passer, selon les projections du FMI, de 362 milliards de dollars en 2020 à 603 milliards en 2026, soit une évolution de 66,60%.

L’Afrique du Sud, dont le déclin économique a été entamé sous le règne de l’ancien président Jacob Zuma, verra aussi son Pib croître de manière significative pour passer de 302 milliards de dollars à 407 milliards de dollars sur la période 2020-2026. Elle connaîtra une progression moindre que les deux premières puissances économiques du continent à cause de la profondeur de la crise qu’elle traverse. Les coupures intempestives d’électricité à cause de la mauvaise gestion de l’entreprise publique Eskom illustre parfaitement la déliquescence de l’économie sud-africaine. Tout comme la compagnie aérienne South African Airways, jadis le fleuron des compagnies aériennes africaines,  qui traverse une crise économique aiguë depuis une décennie et pourrait ne pas survivre à la pandémie du Covid-19 sans un sauvetage de l’Etat.

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Le président Cyril Ramaphosa s’est engagé à faire remonter la pente en annonçant un plan d’investissement de 100 milliards de dollars sur 5 ans. Toutefois, la pandémie du Covid-19 risque d’aggraver la crise économique au moment où les investisseurs étrangers se détournent de plus en plus du pays, à mesure que la place financière de Johannesburg perd de son attrait.

Selon les projections du FMI, à partir de 2025, l’Algérie ne sera plus que la 4e puissance économique africaine. Elle sera supplantée par le Maroc. L’économie marocaine qui a montré beaucoup de résilience face à la pandémie du Covid-19 s’appuie sur sa diversification et surtout l’impact de ses nouveaux métiers mondiaux (automobile, aéronautique, offshoring, etc.) qui contribuent à la création d’emplois, à l’exportation et à la création de valeur pour le pays. A titre d’exemple, au niveau du secteur automobile, le Maroc est aujourd’hui le leader africain de construction de véhicules particuliers devant l’Afrique du Sud. Plus de 700.000 véhicules sont ainsi sortir des usines marocaines pour un chiffre d’affaires à l’export de plus de 7 milliards d’euros et 180.000 emplois créés.

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Le Maroc va aussi profiter des réformes structurelles introduites au cours de ces dernières années, dont le Plan Maroc Vert qui atténue les impacts négatifs des sécheresses tout en améliorant de manière significative la contribution du secteur agricole. De même, le Plan de relance industrielle 2021-2023, basé surtout sur la substitution des importations par la production locale, devrait également booster l’industrie locale et sa contribution à la valeur ajoutée du pays.

Ainsi, le Pib du Maroc devrait passer de 113,5 milliards de dollars en 2020 à 162 milliards en 2026, selon le FMI, soit une évolution de 42,73% sur la période.

Quant à l’Algérie, en dépit de la manne colossale de 1.000 milliards de dollars engrangée durant les années fastes du cours du baril de pétrole, elle n’a pas réussi à enclencher la diversification économique restant prisonnière de la rente pétrolière.

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La situation politique tendue, l’incapacité d’enclencher un processus de diversification économique pour sortir de cette rente pétrolière, le tarissement des réserves en devises du pays qui amoindrissent les marges de manœuvre du gouvernement, la poursuite de la dépréciation du dinar et le manque de vision stratégique de développement font que le pays va presque stagner, selon les prévisions du FMI durant la période 2020-2026. Le Pib devrait croître de seulement 6% passant de 144 à 153 milliards de dollars.

Le top 10 africain est complété par le Kenya, l’Ethiopie, la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Tanzanie. Il s’agit de pays qui affichent depuis une décennie des taux de croissance élevés. Ces économies reposent plus globalement sur les services, l’agriculture, les investissements en infrastructures (autoroutes, chemins de fer, ports, barrages hydroélectriques, télécoms, etc.), mais aussi sur des découvertes d’hydrocarbures pour certains d’entre eux (Ghana, Côte d’Ivoire) et des politiques de diversification économique.

C’est le cas du Kenya qui est une économie de services (46,7% du PIB) et qui a investi énormément dans les infrastructures, en particulier dans les transports et l’énergie.

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C’est la même stratégie pour l’Ethiopie qui, après une décennie 2010-2020 de forte croissance, a lancé le plan prospectif décennal 2020-2030 avec un objectif de croissance de 10,2% en moyenne annuelle. S’il réussit son pari, le pays pourrait figurer dans le top 5 des puissance économies africaines à l’horizon 2030. Outre l’agriculture, l’industrie manufacturière, le tourisme et les mines, le pays pourra aussi compter sur les retombées de son gigantesque barrage de la Renaissance et ses 6.450 MW de capacité de production.

Reste que les données du FMI ne sont que des projections qui s’appuient sur des variables qui peuvent connaître des évolutions significatives d’ici 2026. Toutefois, les tendances lourdes des fondamentaux macroéconomiques et des orientations stratégiques prises par les différents Etats pour doper leur croissance donnent une idée sur les perspectives d’évolution des Pib des pays du top 10.

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